L’été est une saison magnifique… et particulièrement agressive pour la fibre capillaire. Eau de mer chargée en sel, chlore des piscines, UV qui oxydent, vent chaud et sec : en quelques semaines seulement, des cheveux en bonne santé peuvent devenir ternes, poreux, difficiles à coiffer. Ce n’est pas une fatalité. C’est une question de comprendre ce qui se passe, et d’agir au bon moment — avant, pendant et après l’exposition.
Ce que l’été fait vraiment à vos cheveux
Le soleil : un oxydant puissant
Les rayons UV ne s’arrêtent pas à votre peau. Ils attaquent également la kératine, la protéine qui constitue la fibre capillaire. Concrètement, les UVB dégradent la structure de la tige pilaire, tandis que les UVA oxydent la mélanine — ce qui explique l’effet « décoloré » des cheveux après l’été, même sans avoir mis un pied chez un coloriste.
Résultat : une fibre plus poreuse, qui retient moins l’hydratation, et des longueurs qui ont tendance à se casser. Pour les cheveux colorés ou chimiquement traités, l’effet est encore plus marqué car la fibre est déjà fragilisée en amont.
L’eau de mer : le sel qui dessèche
Le sel marin pénètre dans la tige capillaire et en aspire littéralement l’humidité. C’est pour ça que les cheveux deviennent raides, ternes et difficiles à démêler après une baignade en mer. L’eau de mer a aussi un pH légèrement alcalin qui gonfle les écailles de la cuticule, rendant la fibre encore plus vulnérable aux frictions mécaniques (le fameux chignon « punaisé » sur la plage…).
Le chlore : un perturbateur chimique
Dans les piscines, le chlore utilisé pour désinfecter l’eau réagit avec la kératine et les pigments. Il peut littéralement modifier la structure chimique du cheveu. Pour les blondes, le phénomène de verdissement (dû à la réaction entre le chlore et les ions cuivre présents dans l’eau) est bien connu. Mais pour toutes les textures et couleurs, le chlore assèche, oxyde et fragilise — que ce soit de façon visible ou non.
La chaleur et le vent : un duo desséchant
La chaleur accélère l’évaporation de l’eau contenue dans la fibre. Le vent accentue ce phénomène et crée des frottements mécaniques entre les cheveux. Résultat : des longueurs déshydratées, des fourches qui apparaissent prématurément, une fibre qui manque d’élasticité.
Avant de plonger : les gestes préventifs
Saturer les cheveux d’eau douce avant la baignade
C’est le geste le plus simple et souvent le plus sous-estimé. Comme une éponge, la fibre capillaire ne peut absorber qu’une certaine quantité de liquide. Si vous saturez vos cheveux d’eau douce (sous la douche, à la fontaine de la plage…) avant d’entrer dans la mer ou la piscine, ils absorberont moins d’eau salée ou chlorée. Efficacité garantie, zéro produit nécessaire.
Appliquer un soin sans rinçage protecteur
Les huiles capillaires légères, les laits protecteurs ou les sprays à base de filtres UV créent un film protecteur sur la cuticule. Ils ralentissent la pénétration du sel, du chlore et des UV. Optez pour des formules légères — une huile de coco vierge, de l’huile d’argan ou un spray « protection solaire cheveux » — appliquées sur longueurs et pointes avant chaque exposition.
Couvrir physiquement ses cheveux
Un chapeau, un foulard, une casquette : la protection physique reste la plus efficace contre les UV. C’est aussi une façon de protéger le cuir chevelu, souvent oublié, qui peut lui aussi brûler — particulièrement sur la raie ou les tempes.
Pendant l’exposition : les bons réflexes
Remettre du soin sans rinçage après chaque baignade
Entre deux trempettes, profitez-en pour passer quelques gouttes d’huile ou de lait protecteur sur vos longueurs. Cela compensera partiellement la déshydratation causée par le sel ou le chlore, et facilitera le démêlage.
Éviter les coiffures traumatisantes
Le chignon serré avec un élastique ordinaire, tressé mouillé et laissé sécher au soleil pendant des heures. C’est la combinaison idéale pour casser la fibre. Préférez des attaches en tissu (scrunchies), des tresses souples ou simplement laisser les cheveux libres. Si vous souhaitez les attacher, faites-le une fois qu’ils sont secs.
Rincer après chaque baignade
Dès que vous sortez de l’eau — mer ou piscine — rincez vos cheveux à l’eau douce. Vous n’avez pas besoin de shampoing à chaque fois. Un simple rinçage élimine une grande partie du sel et du chlore déposés sur la cuticule avant qu’ils n’aient eu le temps d’agir en profondeur.
Après l’exposition : réparer et nourrir
Le shampoing : doux et pas trop fréquent
En été, on a souvent tendance à se laver les cheveux plus souvent à cause de la transpiration, du sel, du sable. Or un shampoing trop fréquent accentue le dessèchement. Privilégiez des formules douces, sans sulfates agressifs, et ne dépassez pas 2 à 3 lavages par semaine si possible. Un shampoing déminéralisant ou clarifiant, utilisé une fois par semaine, permettra d’éliminer les dépôts de calcaire, de chlore ou de minéraux accumulés.
Le masque capillaire : votre allié hebdomadaire
Le masque n’est pas un luxe réservé aux personnes aux cheveux très abîmés. En été, il devient un incontournable pour toutes les textures. Une fois par semaine, appliquez un masque nourrissant ou réparateur sur longueurs et pointes (pas sur le cuir chevelu), laissez poser au minimum 10 minutes — idéalement sous une serviette chaude pour favoriser la pénétration — et rincez abondamment.
Pour des résultats optimaux, optez pour des formules à base de kératine végétale, d’acides aminés, de beurre de karité ou d’huile de jojoba.
Les soins en profondeur : l’été, c’est le bon moment
Contrairement à ce qu’on pourrait croire, l’été est une excellente saison pour faire des cures capillaires intensives. La chaleur ambiante favorise la pénétration des actifs. Un bain d’huile (huile tiède appliquée sur toute la longueur, enveloppée dans une serviette chaude pendant 30 minutes à 1 heure) réalisé une fois par semaine peut véritablement transformer l’état d’une fibre déshydratée.
Un angle souvent oublié : la peau du cuir chevelu
On soigne les longueurs, on oublie la peau. Pourtant, le cuir chevelu est une extension de votre épiderme facial — et il mérite les mêmes égards. Soleil, transpiration et friction peuvent provoquer des irritations, des démangeaisons, voire des squames estivales.
Si vous suivez une routine de soins pour votre peau — que ce soit après un soin esthétique, pour calmer des rougeurs post-soin esthétique ou dans le cadre d’une démarche globale de soin post-acte esthétique — pensez à étendre cette logique de protection au cuir chevelu. Évitez de vous exposer au soleil sans protection dans les jours qui suivent un peeling ou un traitement laser, car la sensibilité cutanée est accrue — comme pour la peau du visage, les erreurs après un acte esthétique peuvent amplifier les effets indésirables.
Un spray solaire dédié au cuir chevelu ou un chapeau couvrant la raie reste la meilleure protection.
Les cheveux colorés et décolorés : une vigilance accrue
Si vos cheveux sont colorés — qu’il s’agisse d’une couleur permanente, d’un balayage ou d’une décoloration — la vigilance doit être maximale. La fibre est déjà structurellement modifiée, ses écailles moins jointives, sa kératine partiellement altérée. En été, les dégâts peuvent être deux à trois fois plus importants que sur une fibre vierge.
Quelques règles spécifiques :
- Utilisez systématiquement un shampoing et un après-shampoing formulés pour les cheveux colorés
- Appliquez un spray protecteur UV avant chaque exposition
- Évitez de vous exposer au soleil avec les cheveux mouillés après une coloration fraîche (moins de 2 semaines)
- Faites un soin couleur ou un masque acidifiant une fois par semaine pour refermer la cuticule et aviver les reflets
La bonne routine résumée
Avant : eau douce + soin sans rinçage protecteur + protection physique (chapeau, foulard)
Pendant : renouveler le soin entre les bains, éviter les attaches traumatisantes
Après : rinçage immédiat à l’eau douce, shampoing doux 2 à 3 fois par semaine, masque nourrissant hebdomadaire, bain d’huile si la fibre est très déshydratée
FAQ : protéger ses cheveux en été
Les cheveux ont-ils vraiment besoin de protection solaire ?
Oui. Les rayons UV dégradent la kératine et oxydent les pigments, tout comme ils le font sur la peau. La différence, c’est que les cheveux ne « brûlent » pas de façon visible — mais les dégâts structurels sont bien réels et se manifestent par une fibre sèche, terne et cassante.
Peut-on utiliser une huile de coco comme protection solaire pour les cheveux ?
L’huile de coco offre une légère protection (SPF estimé entre 2 et 8), mais elle n’est pas suffisante en cas d’exposition prolongée. Elle reste utile comme soin nourrissant avant la baignade pour limiter la pénétration du sel et du chlore, mais elle ne remplace pas un spray solaire spécifique pour les cheveux.
Faut-il se laver les cheveux après chaque baignade en mer ?
Non — un simple rinçage à l’eau douce suffit pour éliminer le sel. Un shampoing à chaque baignade aggraverait le dessèchement. Réservez le shampoing à 2 ou 3 fois par semaine maximum, et utilisez une formule douce.
Le chlore peut-il vraiment rendre les cheveux verts ?
Oui, mais uniquement sur les cheveux blonds ou décolorés. C’est la réaction entre le chlore et les ions cuivre présents dans l’eau de piscine qui provoque ce pigment verdâtre. Pour l’éviter : saturez vos cheveux d’eau douce avant la baignade, ou portez un bonnet de bain.
Quand faut-il faire un masque capillaire en été ?
Une fois par semaine est un bon rythme. Si vos cheveux sont très exposés (plage quotidienne, piscine régulière), vous pouvez passer à deux fois par semaine sur les longueurs et pointes. Ne l’appliquez pas sur le cuir chevelu, qui n’en a généralement pas besoin.
Mes cheveux sont abîmés depuis les vacances. Par où commencer ?
Commencez par une coupe pour éliminer les pointes abîmées, puis instaurez une routine hebdomadaire : shampoing doux, masque nourrissant, et bain d’huile une à deux fois par semaine. Évitez la chaleur des outils coiffants pendant au moins 3 semaines. Le cheveu ne « guérit » pas, mais on peut stopper l’aggravation et nourrir la fibre restante.
Puis-je faire un soin de lissage ou une permanente juste avant l’été ?
Ce n’est pas recommandé. Ces traitements chimiques fragilisent temporairement la fibre. Exposez-les ensuite au soleil, au sel et au chlore et les dégâts seront décuplés. Mieux vaut prévoir ces traitements à l’automne, une fois la saison estivale passée.
Prendre soin de ses cheveux en été, c’est finalement adopter la même logique que pour la peau : anticiper, protéger et réparer. Des gestes simples, appliqués régulièrement, font toute la différence entre des cheveux sublimés par l’été… et des longueurs à couper en septembre.




